L'esclave n'est pas un objet inerte dépourvu d'amour-propre, mais un vivant, réduit à l'état d'objet dont l'attrait consiste en ce qu'il se trouve (délibérément ou non) humilié ou humiliable dans sa dignité, son intégrité, soit dans son aptitude à posséder son bien propre, à se posséder lui-même ; c'est de la rupture de cette intégrité, par cette prostitution volontaire ou forcée, que découle l'émotion érotique sadienne. Prostitution dont la "qualité" tient à la surenchère du prix que le sujet s'attribue à proportion de sa dégradation morale ; plus il est "corrompu", plus il augmente son prix – tel le personnage de Juliette.